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Le deuil de ma vie d’avant

Cette année je suis devenu parent.

J’ai changé.

Je veux te dire que toi qui partage ma vie, tu as aussi changé, évolué, grandi.

Tu t’es révélé et tu m’as révélé.

Nous nous sommes découverts, à nouveau. Car en devenant parent, nous nous sommes mis à nu, pas que physiquement d’ailleurs. 


Au creux de moi la vie s’est nichée. Et pourtant, quand tu seras là mon enfant, je ne serai plus la même personne. Je devrai dire au revoir à celle que j’étais pour te laisser ta place. Tu as besoin de moi, et j’ai autant besoin de toi dans cette nouvelle vie qui nous attend. À tes côtés, j’apprends. 

Devenir parent n’est pas quelque chose d’inné. Le bonheur est immense, parfois la douleur intense. Toutes les histoires pour y parvenir sont riches, diverses et variées, et pourtant après tout ce chemin parcouru, plus ou moins facile, nous ne serons plus jamais les mêmes. Cela n’enlève en rien à cette magie qui opère.


Maman serrant son nouveau-né dans les bras

La parentalité n’est pas aisée, elle est challengeante et nous pousse sans cesse à donner le meilleur de nous-même. Elle questionne, elle nous fait douter, elle est parfois effrayante, dure et pourtant si pure car je ne sais rien. La seule chose que je sais c’est que je t’aime (enfin même ça je ne le savais pas, comment savoir qu’il est possible d’aimer autant d’ailleurs ? Cet amour sans condition, aucune.)


Pardonne-moi mon grand amour, si parfois je ne souhaite plus t’avoir en moi, car je suis malade, ou que mon corps ne me plaît plus car certaines marques de la vie apparaissent, ou que ce poids sur la balance qui ne cesse d’augmenter me rappelle tous les jours le nombre de kilos que je vais devoir perdre à ta naissance. Pardonne-moi certains jours de penser à ma vie d’avant, celle où tu attendais et où moi je vivais, cette vie, d’avant. 

Pardonne-moi mon enfant si aujourd’hui, maintenant que tu es là, je suis cette maman qui n’a pas le temps de se doucher, de se maquiller car elle préfère te câliner et t’avoir dans les bras.

Pardonne-moi de parfois manquer de patience quand les nuits sont très courtes, trop courtes.

Pardonne-moi d’aller travailler ou de ne pas aller travailler.

Pardonne-moi de sortir avec ton papa, ou de préférer rester au chaud avec toi à la maison. 

Pardonne-moi d’essayer d’avoir cette vie d’avant qui ne peut en fin de compte persister car plus rien n’est comme avant… Car même quand j’essaye de Re-sortir, de Re-voyager, de Re-être femme, rien n’est plus pareil, tu es là et je ne pense qu’à toi. 


Je voudrais aujourd’hui m’adresser à ton papa, à mon partenaire, celui à qui je refuse parfois certains câlins, celui avec qui je manque parfois de patience, celui à qui parfois je demande trop et n’écoute pas assez. Je voudrais lui dire merci, merci d’être là, d’exister dans cette grande aventure de la parentalité, je voudrais qu’il comprenne à quel point il est important dans notre équilibre, et que son respect sans faille envers mon corps qui a changé, mon esprit qui a évolué et mon Amour qui a grandi me pousse chaque jour à être reconnaissante de la chance que j’ai que vous m’ayez choisi. 


Soyez fière chère maman, d’être imparfaite. 

La vie et la mort sont étroitement liées, main dans la main, je veux leur dire merci car sans elles je ne suis rien. 

Michaëla

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